La peste à Bordeaux

Nous allons ici donner des extraits de deux textes très pertinents sur les épidémies à Bordeaux du XVème au XVIIème siècles et la façon dont la communauté s’en est défendue. Ces articles sont d’autant plus intéressants qu’ils résonnent d’une façon toute particulière dans notre actualité.

En 1348, la peste noire ou grande peste arrive d’Asie centrale pour contaminer le pourtour méditérannéen, répandue par les navires marchands et les rongeurs qu’ils véhiculent. Elle fera près de 20 millions de morts en quelques dizaines d’années dans une Europe qui sortira meurtrie et traumatisée de cette épreuve. Elle se manifestera encore sporadiquement les siècles suivants entretenant le spectre de la terreur. Il existe plusieurs types de peste dont les formes les plus connues: la peste bubonique et la peste pulmonaire qui se traduisent par une infection pulmonaire puis une septicémie en phase terminale. Les principaux vecteurs de transmission sont les puces et poux et, bien entendu, entre les hommes, la contamination par voies respiratoires. En 1894, Alexandre Yersin isole le bacille de la peste ce qui permettra la réalisation d’un vaccin. Cela n’empêchera pas la maladie de refaire son apparition et d’occasionner en Inde notamment dans la première moitié du XXème siècle plus de 12 millions de morts.

Le premier texte, qui s’inspire fortement du second comme l’auteur le fait remarquer, est du Docteur Xavier Arnozan, paru dans la revue philomathique de Bordeaux et du Sud-Ouest, éditée en 1899. Il est davantage axé sur les méthodes de lutte contre les maladies contagieuses comme son nom l’indique: « Comment se défendait-on contre la peste à Bordeaux aux XVème, XVIème et XVIIème siècles »

L’autre article fut rédigé par le Docteur G. Péry, médecin adjoint de l’hôpital Saint-André et présenté à l’Académie de Bordeaux sous forme de mémoire en 1867. Dans ce document intitulé « Recherches historiques et médicales sur les épidémies qui ont régné à Bordeaux pendant les XVème, XVIème et XVIIème siècles », l’auteur décortique les registres de la jurade et autres chroniques de Bordeaux pour dresser une liste des apparitions d’épidémies de maladies contagieuses survenues durant ces siècles et la manière dont elles ont évoluées et été traitées.

Etat des lieux

Xavier Arnozan est né à Bordeaux en 1852. Il y a fait ses études de médecine. Il deviendra professeur en 1880. Il se consacra à l’étude des maladies contagieuses et en particulier la tuberculose. Il fait dans cet article le point sur les réapparitions inquiétantes de la peste à son époque et raconte comment, quelques siècles auparavant, on tentait de lutter contre la propagation de la maladie.

« La peste est à l’ordre du jour des préoccupations du monde médical. Reléguée depuis longtemps dans ses foyers d’origine de l’Asie centrale, elle semblait, il y a quelques années, ne plus avoir qu’un intérêt purement historique, et bien qu’elle ait fait plusieurs apparitions sur certains ports de la Méditerranée dans la première partie de ce siècle, bien qu’elle ait en 1878, menacé d’envahir la Russie par le Turkestan, la plupart de nos contemporains croyaient certainement que la peste avait fait parler d’elle pour la dernière fois à Marseille avec Belzunce et à Jaffa avec Bonaparte.

Depuis deux ans, la situation a singulièrement changé. Descendue des hauts plateaux vers les vallées de la Chine et de l’Inde, la peste a sévi à Bombay avec une intensité effrayante, et de là elle a disséminé ses germes à Maurice, à Madagascar, peut-être dans l’Afrique australe, en Egypte, à Oporto, à Rio-de-Janeiro, sans parler de l’épidémie de Vienne, qui, née dans un laboratoire de recherches bactériologiques, a pu être surprise à son début et éteinte après avoir fait trois victimes.

La reviviscence de ce mal, que l’on croyait passé au rang de simple souvenir, a naturellement obligé les médecins à l’étudier à nouveau. Les recherches dont il a été l’objet ont bénéficié des découvertes de l’école microbiologiste; et grâce aux travaux de l’institut Pasteur, de Roux et de Yersin en particulier, on connaît aujourd’hui le microbe de la peste, et on connaît aussi le sérum antitoxique, dont les bienfaits préservateurs et curateurs seraient avidement recherchés si la peste venait jamais nous visiter.

Nous n’avons pas l’intention d’étudier ici la peste au point de vue médical; sa description a été faite maintes et maintes fois; elle a été récemment reproduite dans la plupart des grands journaux de médecine. Nous voulons simplement rappeler ici que Bordeaux a été souvent, au Moyen-âge et à l’époque de la Renaissance, frappé par le fléau, et comparer les mesures d’hygiène publique prises par nos pères avec celles que prendraient nos administrations locales, si elles avaient à combattre la redoutable épidémie. Notre tâche a été singulièrement facile. En 1867, M le Dr G. Péry, médecin adjoint de l’hôpital Saint-André, a présenté à l’Académie de Bordeaux un mémoire des plus documenté sur les épidémies qui ont frappé notre ville pendant les XVème, XVIème et XVIIème siècles. »

En effet, dans son ouvrage, le Docteur Pery reprend les études de cas des manuscrits qu’il a pu étudier et dresse une liste des cas sensibles et les potentiels vecteurs de transmission. Il retranscrit tout d’abord cette série de symptômes devant permettre d’établir un premier diagnostic établie par Guillaume Briet, médecin à Bordeaux vers la fin du XVIème siècle:

 » Signes démonstratifs qu’une personne a la peste

1° Quand cette vapeur véneuse vient heurter le coeur, on sent un subit changement et mutation dans tout le corps
2° Grande faiblesse et soudaine sans cause manifeste, avec un regard haure et hideux
3° Palpitation de coeur et comme une pointe sous la tétine gauche
4° Ponction ou mordication sur la bouche de l’estomac
5° Grande inquiétude avec grand déplaisir en toutes choses
6° Etourdissement en ses sens et entendement
7° Flux de ventre léger ou plutôt irritation d’humeurs jaunes ou grisâtres
8° Vomissements de mêmes choses ou nausées
9° Extrême dégoûtement ou impuissance d’avaler
10° Grande ardeur aux entrailles
11° Difficulté de respirer, avec l’haleine mauvaise
12° Rigueur légère par tout le corps et ardeur au dedans
13° Soif extrême, ayant la langue noire et scabreuse
14° Urine copieuse et non beaucoup éloignée de la saine quand le mal est seulement aux esprits, ou trouble et confuse, livide quand les humeurs sont déjà corrompues
15° Le pouls est petit et à peine perceptible
16° Douleur et pesanteur de la tête
17° Proclivité au sommeil lorsque les tumeurs ou charbons veulent sortir
18° En aucuns veilles et rêveries, selon les diverses températures et qualité du venin
19° Hémorrhagies par le nez, hémorroïdes et vomissements
20° Le bubon ou charbon apparent ou taches noires sont les assurés et derniers jugement en saison pestilente; car en autre temps nous voyons des charbons sans peste et tumeurs critiques aux émonctoires qui ne sont ni peste, ni symptômes d’aisselle. »

Le docteur Pery extrait méthodiquement des registres les textes où il est fait mention de la peste. On peut aisément constater que la maladie reste sur le territoire. On peut aussi imaginer les résonnances de ces catastrophes dans des périodes troublées que furent celles des guerres de religions, au XVIème siècle en particulier:

« 1473. En cette année, la peste est si véhémente à Bordeaux, que la Cour du Parlement se tient à Libourne, les mois de décembre, janvier et février.
1495. La Cour du Parlement, à cause de la peste, est transférée pendant quelques mois à Bergerac.
1515. En cette année et partie de la suivante, le Parlement va à Libourne à cause de la peste.[…]
1524. Le 29 août, la Cour ordonne aux jurats de faire la police dans Bordeaux à cause de la peste […]
1555. Le Parlement, pour éviter les dangers de la peste, se tient les mois d’août, septembre et octobre à Libourne. Il ordonne aux jurats de mettre à exécution les rôles des cotisations des dons volontaires faits par les habitants de Bordeaux, pour venir aux secours des pestiférés. Il défend aux bouchers d’abattre le bétail dans la ville.
La chronique dit: La contagion fut fort grande à Bordeaux, à l’occasion de quoi Gélida, principal du collège de Guyenne, demanda congé à MM. les jurats pour fermer le collège et se retirer aux champs.
Cette même année, les Etats de la sénéchaussée furent assemblés à Saint-Macaire à cause de la peste.[…]
1565. Ladite année y avait grande contagion à Bordeaux, messieurs de la Cour résolus de se retirer hors la ville.[…]
1585. la contagion fut si grande à Bordeaux, du mois de juin à décembre, que quatorze mille et quelques personnes de compte fait en meurent. Bordeaux avait alors, selon Dom Devienne, quarante mille habitants. »

Il est décrit cette année-là, par le biais d’un courrier daté du 30 juillet 1585 l’attitude du maire de Bordeaux Michel de Montaigne qui préfère rester éloigné de la ville: « […](est-il utile) que je me hasarde d’aller en la ville, vu le mauvais état en quoi elle est notablement, pour des gens qui viennent d’un si bon air comme je fais.[…] »

« 1604. Le maréchal d’Ornano informe les jurats que la peste est à Blaye, où il y a vingt morts par jour […] »

Le maréchal d’Ornano, maire de Bordeaux depuis 1599, s’illustra durant cette peste de 1604 – 1605 par son abnégation face au péril. Il fut très présent au chevet des malades et prit des mesures drastiques pour tenter d’endiguer la maladie; il entreprit notamment de faire assécher les marais de Bacalan pour éviter qu’ils ne deviennent à nouveau des foyers épidémiques.

« Dans le manuscrit des Capucins que la ville possède, on trouve qu’en 1606, le père Polycarpe, qui soignait les pestiférés depuis le 14 novembre, tomba malade le 21, et fut pris d’un charbon envenimé, appelé anthrax par les chirurgiens; il continua à soigner les malades, puis fut obligé de s’aliter, souffrant beaucoup du charbon, qui lui brûlait tout le corps comme un feu dévorant, et lui causait une soif incroyable. Il mourut le 29. »

« 18 juin 1629. Le sieur Clavet, chirurgien de santé, représente que dans la rue des Etuves il y avait une fille de neuf à dix ans qui avait un bubon et un charbon, et une autre de dix-huit ans qui avait un charbon à la joue, une grosse fièvre et les yeux étincelants […]

20 juin. Mention d’une nourrice qui avait un bubon et un charbon.

10 novembre 1635. Lopès et Maurès, médecins, visitent le corps d’un individu mort rue de la Vieille-Corderie; ils trouvent des tumeurs derrière les oreilles, des taches sur l’estomac, et reconnaissent plusieurs autres signes de peste.

1631 20 août. La contagion augmente au point que depuis quinze jours on avait fermé cent cinquante maisons, et que les hôpitaux étaient pleins.
1645 16 mars. Pestiférés à Bassens et au Carbon-Blanc. Rapport confirmatif de Lacoste, qui va voir les malades et trouve des tumeurs et des charbons.
1653 La ville fut affligée de la peste; les jurats y mirent le meilleur ordre qu’il leur fut possible. Le Bureau de la santé fut constitué, et on y appela les médecins, chirurgiens et apothicaires de la ville, et le capitaine de la peste.
23 janvier 1681. Mention de peste dans le Médoc. Apartir de cette époque, on ne trouve plus dans les registres de la Jurade de mention de peste. On y parle seulement de précautions prises pour empêcher les communications avec les pays infectés; il s’agit surtout des communications maritimes. »

Lutter contre le fléau

Les traumatismes engendrés par les pestes ont conduits les pouvoirs publics à mettre en oeuvre des politiques souvent extrèmes dans la gestion des épidémies. Ces différentes mesures sont analysées par Xavier Arnozan:

« Lorsque la peste mençait Bordeaux ou venait de s’y installer à l’improviste, la jurade, comme le ferait aujourd’hui la municipalité, prenait d’urgence des mesures prophylactiques, et à ses institutions hygiéniques permanentes ajoutait une série de mesures plus énergiques. Mais son initiative était, à cet égard, limitée par l’influence du Parlement. Toute mesure d’hygiène publique se traduit par des inspections, des quarantaines, des désinfections, par une série d’actes entravant plus ou moins la liberté individuelle. Protecteur naturel de cette liberté, le Parlement de Bordeaux ne devait qu’à bon escient en laisser suspendre l’exercice, et on rencontre toute une série de délibérations de la jurade priant la Cour « d’autoriser le renouvellement des règlements pour le temps de peste ». Cette requête était le plus souvent écoutée, et les mesures sévères dont nous parlerons plus bas entraient immédiatement en vigueur, jusqu’au jour où, l’épidémie ayant cessé, elles étaient suspendues. Cette intermittence dans la législation sanitaire n’était pas sans inconvénient, mais il était difficile qu’il en fût autrement, au moins pour ce qui concerne l’organisation des quarantaines maritimes. De nos jours, les réglements sanitaires internationaux exigent que chaque navire venant d’un port étranger présente sa patente nette; et les comminications télégraphiques renseignent le service de la santé sur l’état sanitaire de tous les points du globe; de telle façon qu’un navire venant d’un port contaminé est toujours signalé à l’avance et peut être à son arrivée l’objet de surveillances et de précautions toutes spéciales, les bâtiments d’autres provenances n’étant ni arrêtés ni gênés dans leur commerce. mais aux XVème et XVIème siècles il n’en était pas de même. un vaisseau pouvait arriver, chargé de marchandises infectées, avec un équipage malade, sans que personne ait eu préalablement connaissance de l’épidémie qui sévissait dans les ports où il avait touché. Dans ces conditions, il aurait fallu faire subir au hasard des quarantaines à tous les navires entrant à Bordeaux, mais le commerce en eût été si troublé qu’on n’en surveillait aucun en temps ordinaire. On attendait, pour établir les quarantaines maritimes, que la peste fût déjà dans Bordeaux, c’est à dire qu’on surveillait l’approche de l’ennemi lorsqu’il était déjà dans la place.

[…] Le capitaine de la peste était un fonctionnaire d’ordre tout spécial. Dès que l’épidémie était officiellement reconnue, on désignait, parmi les citoyens notables et dévoués, un homme capable de diriger tous les services, de trancher toutes les questions, de prendre toutes les décisions relatives au fléau. Ce dictateur sanitaire, en centralisant toutes les affaires, pouvait agir vite et avait en mains l’autorité suffisante pour assurer la défense contre le fléau.

Les mesures d’hygiène

Les portes de la ville étaient fermées, et l’entrée interdite aux voyageurs arrivant des localités suspectes; les marchandises étaient désinfectées ou, comme on disait alors, parfumées, après avoir été dépliées et déballées, détail important, car on se rappelle que la peste de Marseille a été introduite par des ballots qui n’avaient pas été éventrés. Pour les navires venant de foyers contaminés, ils étaient invités à s’arrêter devant la palu de Blanquefort où des médecins étaient commis à la constatation de la santé des équipages. Enfin la poste même était l’objet de mesures spéciales, elle a été plus d’une fois transportée à la Bastide, et les courriers ne devaient plus entrer dans Bordeaux. »

La « gestion » des habitants malades est tout aussi drastique, comme l’explique le docteur Péry:

« Aussitôt qu’un habitant était cru atteint de peste, on devait faire prévenir le jurat de sa jurade ou le capitaine de la peste. Celui-ci mandait les chirurgiens de la peste et se rendait avec eux chez le malade. Celui-ci, reconnu pestiféré, pouvait, s’il était chef de maison ou que ce dernierle désirât, rester dans son logis. On faisait alors venir le serrurier de la ville qui mettait un cadenas  la porte, et, dès ce moment, personne ne pouvait avoir de rapport avec les malheureux. Le capitaine de la peste et les chirurgiens devaient veiller à ce qu’ils ne manquassent de rien et fussent soignés. Quand on donnait congé d’ouvrir la porte, les maisons devaient être nettoyées et le linge lavé dans un lieu indiqué. Si le malade consentait à être porté à l’hôpital de la Contagion, on faisait venir les serviteurs du dit hôpital pour le transporter ».

Le docteur Xavier Arnozan aborde ensuite le sujet des médicaments et des désinfectants:

« La thérapeutique de la peste était vague, incertaine et inéfficace. En dehors de l’indication souvent répétée de provoquer de fortes sudations, on ne rencontre sur ce point que l’énumération des remèdes les plus bizarres, allant du simple cataplasme à l’application sur les bubons d’un pigeon ouvert, chaud et sanglant, ou d’une poule vivante à moitié plumée. L’insuffisance de tous ces moyens invitait les médecins à en chercher de nouveaux qui, malheureusement, ne valaient guère mieux que les anciens. Les procédés de désinfection ne semblent pas avoir été actifs.[…] (les magistrats municipaux étaient affolés), prêts à accepter les propositions les plus fallacieuses et à accorder leur confiance aux pires charlatans. »

Pour trouver le document du Docteur Pery, suivre ce lien sur le site de la BNF:  http://gallica2.bnf.fr/ark:/12148/cb34363194v/date

Pour obtenir un scan de l’article de Xavier Arnozan, nous contacter. Le document doit être consultable sur le site de la BNF: http://gallica.bnf.fr

Xavier Martos – entre2mers.com © 2009 tous droits réservés

L’église de Faleyras

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Dans un cadre naturel préservé entouré de vignes et de domaines boisés, Faleyras fait partie des villages aux charmes caractéristiques de l’Entre-deux-mers.

faleyras_eglise12De l’église romane du XIIème (contemporaine de l’église de Saint-Germain-de-Campet sur la commune), seul reste en place le remarquable mais aujourd’hui fort dégradé portail sud dont la porte est désormais murée.

L’édifice a été rebâti au XVIème et flanqué d’un collatéral au nord. L’abside gothique en voûtes à croisées d’ogives fut élevée en 1554 par le maître-maçon Martial Roux (auteur du chevet de l’église du Créon).

La porte principale et le clocher ont été construits au XVIIIème siècle. Les voûtes de la nef, du choeur et du collatéral ont été installées au XIXème.

Les peintures décoratives murales datent probablement de la fin du XVIIIème.
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L’église a été restaurée fortement au XIXème. Les travaux, dont un décompte général a été établi par le Maire de l’époque le 10 novembre 1876, et qui s’élevaient alors à 10 630, 83 Fr, ont été confiés à l’Entrepreneur Duguet. Entre autres travaux, on remarque le moillonage des voûtes, la démolition de la meurtrière sud, la démolition et la reconstruction de la charpente, le blanchissage des intérieurs et le remplacement de marches en pierres de taille.

Le château de Langoiran

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Le Château de Langoiran du XIII° siècle est classé monument historique.

La seigneurie de Langoiran a été un des éléments les plus prestigieux et les plus puissants du dûché d’Aquitaine. Elle a été mêlée aux luttes entre les rois d’Angleterre et de France durant la guerre de cent ans.

dcp_1896Construit par Bernard d’Escoussan à la fin du XIII° siècle, le château passe au XIV° siècle entre les mains de la famille d’Albret puis par mariage dans celle des Montferrand. Personnages importants, les seigneurs de Langoiran seront Chambellan du roi avec Montferrand au XV° siècle, Présidents du Parlement de Bordeaux avec Guillaume d’Affis au début du XVII° siècle ou Grand Amiral des galères sous Louis XIV.

Détruit durant la Fronde en 1650, le château tombe en ruine pour des siècles. Classé monument historique, sa restauration et son animation ont commencé en 1972 grâce à l’association des Amis du Château, ainsi qu’à de nombreux bénévoles.

La fiche du Ministère de la Culture sur la base de données Mérimée précise l’architecture du monument:

« Donjon carré construit pour la famille d’ Escoussans dans la 2e moitié du 13e siècle actuellement détruit ; donjon circulaire, enceinte et basse-cour formant l’ensemble dit la citadelle édifiés dans la 1ère moitié du 14e siècle pour la même famille ; appartement ajouté à l’ entrée nord au 15e siècle pour la famille de Montferrand ; restauration du donjon circulaire à la fin du 4e quart 16e siècle pour Etienne de Pontac par Bris Martin et Pierre Ardouin, maîtres maçons ; construction de la chapelle, d’ une tour au-dessus de la poterne de la deuxième enceinte et d’ un nouveau logis pour le parlementaire d’ Affis dans la 1ère moitié 17e siècle ; château incendié et détruit par les troupes du duc d’ Epernon durant la Fronde en 1649 ; cours et terrasses remblayées au 18e siècle ; construction d’ un nouveau logis au début du 2e quart du 19e siècle ».

« Le donjon carré sur motte fut remplacé par un donjon circulaire à quatre étages et sous-sol voûtés surmonté d’ une tour de guet à coupole ; une enceinte avec ouvrage d’ entrée entourée de fossés forme la basse-cour ; deux autres enceintes avec tours à toit conique de tuiles plates et poterne abritant puits, chai, chapelle, agrandissent la forteresse vers l’ ouest ; l’ ensemble communique par divers souterrains ; logis de plan barlong à un étage carré couvert de tuile creuses construit sur la plus basse terrasse ; moulin actuellement détruit en contrebas ».

Source:

Association des Amis du Château Fort

DRAC Aquitaine, 54 rue Magendie 33074 Bordeaux – Ministère de la Culture – Base Mérimée

Bibliographie: Joel Bibonne – Histoire du Château de Langoiran – Première partie XI°-XIV° siècle, « Les Escoussan » Edition de l’Association des Amis du Château Fort

Castelmoron d’Albret, village d’Histoire(s)

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 » Entre Monségur et Sauveterre, à une égale distance d’environ un myriamètre, est la très petite ville de Castelmoron, qui existait assez longtemps avant le règne des Edouards, rois d’Angleterre et ducs de Guyenne. Une ancienne tradition donne à penser que Castelmoron fut, après le règne de Charlemagne, un réduit ou château bâti par quelques Maures ou Sarrasins d’Espagne, qui restèrent dans la contrée, et se convertirent à la foi catholique. Cette origine supposée n’est point sans vraisemblance; car les Maures convertis qui s’établirent en petit nombre dans la province de Guyenne, et quoique nouveaux chrétiens, furent obligés de vivre entre eux, parce qu’ils étaient regardés comme lépreux; et peut-être quelques-uns de ces chrétiens Maures ou Sarrasins construisirent-ils le réduit de Castelmoron, château du Maure ou des Maures, comme ils construisirent à Saint-Emilion, près de Libourne, une bourgade appelée Villa-Morina, Villa-Morine, dont on ne découvre que de faibles traces, mais dont le nom subsiste encore dans la mémoire héréditaire des habitants du pays. »

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Ainsi présentait-on Castelmoron d’Albret dans le IXème volume du bulletin polymathique du Museum d’instruction publique de Bordeaux en 1811.

Voisine des cantons de Pellegrue et de Sauveterre de Guyenne, la plus petite commune de France par la taille (3, 54 hectares), se situe sur le canton de Monségur. Le bourg ancien perché sur une colline compte un certain nombre de maisons hautes en pierre formant un site défensif qui jouait son rôle au moyen-âge. Le nom de la commune (« Castel ») évoque la présence d’un château dont subsistent une tour, un mur d’enceinte ou encore une porte fortifiée.

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De l’histoire de Castelmoron, on sait notamment que le seigneur de Castelmoron  était au Xème siècle un vassal du prieur de Saint-Pierre de La Réole (Regula) tel qu’on l’apprend dans le cartulaire du prieuré: « de même le seigneur de Castelmoron doit l’hommage au prieur pour le fief qu’il tient dans la ville de la Réole ». La présence au XIIème siècle de templiers dans la cité entraîne le renforcement des murailles défensives.

L’un des premiers propriétaires connus est Elie Rudel, désigné par le pape en 1218 comme seigneur de Castelmoron. Un courrier du 26 avril 1254 nous apprend que Henri III s’engage à rendre à Elie Rudel le château de Castelmoron.

Lors de la guerre de cent ans, et en particulier au XIVème siècle, le château et les fortifications sont partiellement détruits. Castelmoron devient cependant en 1556 l’une des quatre sénéchaussées (juridiction d’un Sénéchal, officier royal chargé de justice)  du duché d’Albret, avec sous son autorité près de 80 paroisses, et est rattachée à la couronne lorsque Henri IV est fait roi en 1594. Dès lors, Castelmoron est le témoin des tensions populaires, chargé de recevoir les plaintes et réclamations de sa juridiction. Comme exemple on peut citer une délibération de la jurade de Castelmoron datée du 30 octobre 1715 qui constate la détresse des habitants éloignés des deux fleuves navigables (Dordogne et Garonne), ne possédant pas de marché et dont le village se dépeuple, qui ont eu à supporter une grêle violente ayant détruit les champs de blé et les vignes.

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En 1775, alors que la France est en prise aux soulèvements du Tiers Etat, la sénéchaussée de Castelmoron est attaquée par des paysans comme l’explique Henri J. Briand*: « A l’aube du dit matin, plus de cinq cent paysans, armés de pioches, de faux, de hâches et de fourches, vociférant des cris de mort et de haine contre le Sénéchal, pénétrèrent dans la cité par l’escalier de « Ripe-cul » au haut duquel se trouvait la demeure du Sénéchal. Ce dernier, épouvanté, s’enfuit accompagné de ses serviteurs et gens d’armes, par le chemin des douves. Les locaux libérés et laissés à la vindicte du peuple, la porte de la sénéchaussées fut enfoncée sans difficulté. Les manifestants s’engagèrent alors dans les lieux et s’emparèrent des livres comptables, des rôles et des autres imprimés qu’ils brûlèrent avec les feuilles d’avertissement sur place, face à la demeure, aujourd’hui transformée en halle d’école après avoir été un marché aux grains ».

Dans les cahiers de doléances de la Sénéchaussée de Castelmoron d’Albret édités lors des Etats généraux de 1789, l’article 5 du cahier du Tiers-Etats mentionne:  » L’impôt doit être considéré comme une constitution envers l’Etat, pour la conservation du citoyen en particulier; aucun n’en doit être exempt; les privilèges de la naissance, ceux attachés à l’habitation et aux charges distinctives ne prescrivent point contre le droit naturel. Toutes les communautés se sont réunies à demander la suppression de toute espèce de privilège […] ».

La révolution balayant l’ancien régime féodal, un nouveau découpage aministratif centré sur La Réole remplace la sénéchaussée de Castelmoron d’Albret, devenant d’abord chef-lieu sous le nom de « Roc-Marat » puis qui sera finalement rattachée au canton de Monségur.

Aujourd’hui petit hameau charmant d’environ 70 habitants, Castelmoron conserve des traces de son passé avec ses galeries en bois suspendues, ses rues pavées, ses portes d’anciens bâtiments officiels, son église remaniée ou encore son temple protestant caché. A l’image de Monségur et de ses alentours, Castelmoron d’Albret a aussi vraisemblablement accueilli des populations gavaches comme en témoignent des noms de villas ou encore certains détails d’architecture.

La chapelle de Meynac

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Perchée sur les côteaux surplombant la route qui joint Camblanes à Saint-Caprais de Bordeaux, la Chapelle de Meynac, qui était à l’origine un modeste oratoire roman, fut élevée (probablement) au XIème siècle  grâce à  la générosité du seigneur local Arnaud de Bordes. Cette église qui ne possède pas de voûte sous la charpente en bois a subi des modifications au cours des siècles: l’abside et le chevet sont romans (XIIème); le portail et la nef, plus tardifs, sont gothiques et ont vraisemblablement été remaniés au XVIème siècle. De cette époque datent les fresques murales, détaillées ci-dessous, à l’état fragmentaire. Le porche et le bas-côté (nord) sont du XVIIème ou XVIIIème siècle. Le clocher a été élevé au XIXème et ne comporte qu’une seule cloche, l’autre que possédait la chapelle a été fondue durant la révolution (fin XVIIIème). Un cadran d’horloge a été sculpté dans la pointe du clocher. Les fonds baptismaux sont isolés dans un réduit ajouré du bas-côté nord.

L’église fut une paroisse du XVIème siècle à 1804, date du rattachement de Meynac à Camblanes.

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La chapelle fut décorée partiellement à l’intérieur de peintures murales au XVIème siècle. Ces fresques représentent le baptême du Christ (Saint Esprit sous la forme d’une colombe, présence de Saint-Jean Baptiste versant de l’eau sur Jésus, de Saint-Etienne ou Saint-Michel), le purgatoire (femmes et hommes nus en prière dans les flammes) et d’autres scènes fort dégradées (personnages coiffés de chapeaux hauts de forme (photo)).meynac_peinture1

Sur le maître-autel de la chapelle est ouvert un livre dans lequel les visiteurs inscrivent leurs remarques et souhaits.

Des projets de restauration sont aussi présentés par l’Association des amis de l’église de Meynac, auxquels tout passant peut contribuer en faisant un don dans un tronc scellé dans le mur.

Chroniques gasconnes

Illustration: Charles VII devant Bordeauxcharles_vii_a_bordeaux

De nombreux ouvrages traitent de la Guerre de cent ans, période tragique qui modifia irrémédiablement les données politiques, économiques et humaines (voir aussi: les gavaches) de l’Entre-deux-mers. Nombre de bâtiments furent construits, modifiés ou détruits durant cette période donnant au territoire une très grande richesse historique, visible ou disparue. On sait qu’en 1137, Aliénor, fille du Duc d’Aquitaine se marie avec Louis VII, roi de France. Cette dernière, éprise du Duc Henri Plantagenêt qu’elle épousera en 1152, fut répudiée peu de temps après. Henri Plantagenêt devient Henri II, roi d’Angleterre en 1153 et l’Aquitaine passe sous administration anglaise. De vives guerres de territoires se succédèrent jusqu’à reconquête totale de l’Aquitaine par Charles VII et ses troupes, avec un épisode mémorable qu’est la bataille de Castillon qui eut lieu en 1453 (17 juillet) où l’artillerie française ruina les rangs armés des anglais et des gascons qui combattaient à leurs côtés. La ville de Bordeaux fut reprise dans la foulée (octobre). Il est commun de dire que la guerre de cent ans aura en fait duré plus de 300 ans, si on occulte les périodes de trèves.

Deux chroniques évoquant pour partie ces siècles mouvementés ont retenu mon attention. Elles sont présentées ici afin de donner des pistes aux personnes souhaitant compléter leurs recherches sur le sujet, ou aux curieux plus généralement.

Bataille de Castillonbataille_castillon

La petite chronique de Guyenne.

Ce court document est écrit en gascon. Il « couvre » les grands événements qui se sont déroulés en Guyenne et dans le monde connu de la première partie du XIVème siècle à 1442 (11 ans avant la fin de la guerre de cent ans). Pour les faits qui se sont succédés jusqu’en 1404, la chronique ne propose qu’une suite chronologique succinte, hormis pour les années de 1345 à 1377 où les faits décrits sont plus précis: bataille d’Auberoche (N-E de Périgueux), d’Eymet, prise de Bergerac en 1377. Dès 1405, les récits sont plus complets et détaillés, et surtout plus fiables.

Ce document est évoqué dans le reccueil « Histoire de l’Aquitaine, documents » d’où j’ai obtenu les traductions de certains passages (la numérotation des paragraphes est parfois fausse). La chronique entière est éditée dans le volume de la Bibliothèque de l’Ecole des Chartes (1886), accessible sur la base numérique Gallica. L’auteur de la retranscription du document, Germain Lefèvre-Pontalis, pense que l’auteur de la Petite chronique de Guyenne, notamment celui qui a rédigé les événements s’étant déroulés autour de 1438, est originaire de Libourne car il n’aborde que partiellement ce qui s’est passé à Bordeaux et que son écriture est identique à celle de documents sur Libourne. La première partie de la chronique s’inspire fortement d’un texte contenant des références erronnées (la Chronique romane du Petit Thalamus établit par la Faculté de médecine). Il est donc difficile de lui donner une valeur de référence.

Voici quelques événements retranscrits:

[101] Item, en l’an 1439, le second jour du mois d’août, le jour de Saint-Etienne, monseigneur de Huntingdon arriva à Bordeaux avec grande puissance et ses gens s’emparèrent de terres en Saintonge et firent beaucoup de mal, et il y avait avec lui beaucoup d’honorables seigneurs.

[102] L’an 1439, Bazas fut pris par Monseigneur de Huntingdon; les habitants et la ville se rendirent à lui.

[104] L’an 1442, en été, environ vers la Saint Jean-Baptiste, le roi de France vint dans le pays de Lanes avec grande puissance, et il y avait avec lui le dauphin son fils, le comte de Foix, le comte de Pardiac, le seigneur de Labrit, le fils du comte d’Armagnac, La Hire, Pothon de Xaintrailles et beaucoup d’autres et une grande multitude d’autres grands seigneurset avec grande force et ils coururent le pays et prirent la ville de Saint-Sever dans laquelle se trouvait le Sénéchal de Bordeaux et beaucoup d’autres gens, et ils la prirent d’assaut.

[106] Item, en cette année-là, le roi de France prit La Réole, il y resta cependant longtemps avant de l’avoir; il y avait dans le château, le baron, monseigneur d’Anglades, le capitaine de La réole et beaucoup d’autres et ils sortirent parce qu’ils n’avaient plus de bois à brûler, et ils brûlèrent la salle du château par manque de bois car cette année-là il faisait grand froid.

Illustration: Prise de La Réole

Chronique bordeloise

de Jean de Gaufreteau, conseiller au parlement de Bordeaux, commissaire aux requètes du palais.

Cet ouvrage a été préfacé et expliqué par Jules Delpit lors de son édition en 1876.

Il apparaît que le texte de cette chronique a été conservé au château de Labrède et mis à la disposition du public grâce à Montesquieu, propriétaire des lieux. Le document s’inspire de chroniques plus anciennes dont celle de Gabriel de Lurbe qu’il vient compléter. Malgré des anachronismes, il a un intérêt certain par les anecdotes qu’il décrit. Le texte daterait de la fin du XVIème siècle et du début du XVIIème siècle et aurait été rédigé par au moins deux auteurs, selon J. Delpit. Il existait à l’époque trois conseillers au parlement de Bordeaux possédant le nom de Jean de Gaufreteau.

Extraits:

1390. […] mais puisque Bordeaux a eu l’honneur d’avoir donné naissance à un très grand et excellent Prince qui, par sa piété, sa vaillance et par ses mérites recommandables, l’a grandement illustrée, pourquoi n’en ferais-je pas la remarque pour en honorer ma patrie. Ce grand prince, duquel je parle, est Richard, roi d’Angleterre et duc de Guyenne, qui fut fils du roy Edouard. Ce prince aima tellement le lieu de sa naissance, qu’il le décora de grands et insignes privilèges.[…]Il aima tellement Bordeaux et les bordelais, qu’il voulut être appelé Richard de Bordeaux.[…]

1425. En cette année, il y eut un si grand tremblement de terre, en la ville de Bordeaux, que la grande voûte de la nef de l’église Saint-André, à l’endroit où sont maintenant les orgues, tomba par terre. Ce tremblement fit aussi grand mal en autres endroits de la ville, par l’abattement de plusieurs maisons du côté des Salinières.

1443. En cette année, les Bordelais et la Guyenne, étant grandement pressés par les armées de France qui faisaient des grands progrès contre eux, députèrent l’archevèque, Pierre Berland, vers le roi d’Angleterre pour avoir du secours. Ce voyage ne réussit pas au consentement de la ville de Bordeaux car l’archevêque s’en retourna avec des promesses de secours, et, par conséquent, de paroles seulement, et non point de forces pour résister aux ennemis, ce qui mit la ville en grande affliction.

1450. En cette année, le seigneur de Génissac, appelé Gaifèr Chartreuse, est élu maire de Bordeaux. Mais, encore que ledit Gaifèr s’appela seigneur de Genissac, qui est une paroisse dans l’Entre-deux-mers, ce n’est pas pour autant qu’il eut la seignerie et justice de ladite paroisse car elle était au roi d’Angleterre, duc de Guyenne.[…]

1451. […] En cette année, le roy de France, Charles VII, ayant chassé les anglais de la France, vient avec son armée victorieuse en Guyenne, et prend plusieurs villes voisines de Bordeaux.[…]

1453. En cette année, le roy Charles VII ayant appris la rebellion des Rochelais et l’arrivée du milord Talbot avec forces d’Angleterre, envoya en Guienne, une puissante armée sous la conduite du maréchal de Lohéac. Lequel, étant allé assiéger Castillon, comme ledit Talbot fit lever le siège, bataille fut donnée durant laquelle Talbot fut occis avec toute la noblesse anglaise qui l’avait accompagné. Cette bataille fut appelée la bataille de Talbot ou de Castillon contre les anglais.

En cette année, le roy Charles VII étant demeuré victorieux contre les anglais, et ayant remis la Guyenne à son obéissance, pour contenir les bordelais en leur devoir et empêcher leur révolte, fit bâtir à Bordeaux deux châteaux, l’un appelé Trompeite ou Trompette, et l’autre du Far ou du Hâ. Celui-là était du côté de la rivière, et l’autre, des marais, vers le quartier de Sainte-Eulalie, ce qui ôta toute espérance aux anglais de pouvoir faire leurs besognes ou séjours en Guyenne. Mais il est à noter que le château Trompette fut appelé ainsi parce que tous les matins des jours de travail, un homme appelait les mâçons et les ouvriers à l’édifice au son d’une trompette. L’autre reçut le nom de château du Hâ parce que lorsqu’on porta la nouvelle de l’achèvement du château à Charles VII, il s’écriera trois fois par réjouissance: « Ah, Ah, Ah ! il est donc achevé ce château ! ».[…] On en croiera ce qu’on voudra, mais on ne doit point douter du premier.

1454. En cette année, Jean Bureau, trésorier de France est fait par le roi, maire perpétuel de la ville de Bordeaux […].

Xavier Martos

Sources:

Bibliothèque de l’Ecole des Chartes (1886)

Chronique bordeloise de Jean de Gaufreteau

Histoire de l’Aquitaine, documents – Editions E. Privat 1973

Base Gallica (textes et illustrations): http://gallica.bnf.fr